les chroniques d'annwfn

Repéré

La magie est particulière dans le monde d'Annwfn. C'est un paradoxe. Elle est apparue après l'arrtivée des humains. Pourtant, la société humaine ultra-echnologique était bien éloignée de la magie, cette forme de connexion mentale étrange aux énergies naturelles. Beaucoup sont persuadés que c'est bien le contact des humains avec cette planète qui est à l'origine de cette apparition. Seuls les humains semblent développer ce don et peu d'entre-eux le développent. Autre paradoxe, beaucoup d'humains sont convaincus que c'est là le signe de leur supériorité sur les krilliens... Comme d'habitude, quoi.

L'extrait qui va suivre met en scène Elvan, l'un des trois personnage principal. Celui-ci est Jidaï-atah, c'est à dire magicien justement...

Esser et lui progressaient doucement, à plat ventre dans les herbes épaisses, depuis dix bonnes minutes. Le vent pourtant léger portait déjà l’odeur du campement. Un mélange de sueurs âcres, de musc des faucheurs et la touche épicée d’un ragoût fumant. La veille, Esser avait aperçu un cavalier qui les suivait à bonne distance et avait très vite disparu derrière des vallons pourtant peu prononcés. Le cavalier était réapparu en fin d’après-midi et cette fois Elvan aussi l’avait vu. Il avait amplifiait sa vue grâce à un sort créé depuis peu. D’ailleurs, un peu plus d’une demi-douzaine de tatouage ornaient désormais son bras. Les images d’abord floues s’étaient précisées et il avait été lui-même surpris par la sensation de proximité que donnait cette acuité renforcée. Il avait pu détailler le visage de l’homme, sa barbe noire et drue, son teint halé, une fine cicatrice à la commissure gauche des lèvres. Il avait reconnu, sans doute possible, un des mercenaires belbukéens qui les avaient attaqués peu après leur départ de T’An-T’Aï, ou un de ses semblables. Esser avait décidé contre l’avis d’Elvan de le suivre discrètement. Ils s’étaient alors dissimulés dans les fourrés et avaient attendus que l’homme quitte son point d’observation. Quand ils furent certains qu’il ne les avait pas remarqué et qu’il rebroussa chemin, la chasse commença. Elle durait maintenant depuis deux bonnes heures...

Esser se plaqua contre le sol et fit signe à Elvan de ne plus bouger. Après une minute qui lui parut interminable, le krillien lui signala qu’il pouvait s’approcher. De là où ils étaient, ils pouvaient maintenant voir le camp. Cinq tentes formaient un cercle au centre duquel on avait allumé un feu couvert. Deux hommes discutaient près du foyer et l’un d’eux remuait ce qui devait être le repas. Elvan compta une quinzaine d’hommes environ. Ils étaient répartis un peu partout dans le camp. Mais, les sentinelles qui parcouraient les abords en marquant des pauses et en scrutant la savane environnante l’inquiétaient d’avantage. On va finir par se faire repérer. Deux contre... quinze, vingt peut-être. Elvan secoua la tête et Esser lui jeta un regard surpris.

- Partons maintenant. Elvan avait murmuré mais il inspecta aussitôt l’attitude des sentinelles de peur qu’elles ne l’aient entendu.

- Encore un instant. Regarde !

Esser indiquait la tente principale, facilement reconnaissable par son auvent. Un homme, sans casque ou turban sur la tête venait d’en sortir et accueillait l’éclaireur.

- J’aimerai bien savoir ce qu’ils se disent ces deux là, murmura Esser.

- On peut essayer, répondit Elvan en lui adressant un clin d’œil.

Le jeune Jidaï-atah se concentra un instant, il perçut l’envol de trois crochus non loin de lui mais il conserva sa concentration. C’était comme s’il se déplaçait en un éclair jusque devant les deux hommes. Il pouvait presque lire sur leurs lèvres. Le nouveau venu devait être le chef. Tout dans son attitude, sa gestuelle et le calme apparent qui émanait de lui transpirait le pouvoir. Elvan pouvait presque sentir la peur chez l’éclaireur. L’homme portait une longue tunique noire sans aucun ornement. Il était chauve, et une petite moustache noire encadrait une bouche fine et pincée. Il y avait quelque chose d’inquiétant chez lui. Ses yeux étaient bruns, en amende et... Il me regarde ! D’un coup d’un seul toute sa tension fut relâchée, l’Inaï-A’sinn le cueillit comme un fruit trop mûr. Avant de sombrer Elvan eut juste le temps d’entendre des cris rauques et des bruits de métal. Le tout se perdit dans un silence glacé.