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Le culte d'Eù

La religion principale est celle de l’ Entité universelle ou Eù (prononcez éou). Dans la cosmogonie annouvéenne, l’ Entité est l’être ultime, l’aboutissement. L’essence même de l’âme désincarnée, la conscience de tout (voir aussi les êtres-souches) et de tous. Elle est l’addition de toutes les âmes individuelles arrivées à l’état de conscience ultime (S’ul-genah). Cet état de plénitude est dépouillé de toute souillure, de toute haine, envie, peur ou colère pour n’être plus qu’ harmonie.

Les hommes ont atteint un stade avancé de conscience mais pas ultime. Ils sont la dernière étape vers l’ Entité. Les autres êtres vivants n’ont pas atteint la conscience, ils n’en sont pas moins utiles ou nécessaires à la Vie. Leur état est appelé « le songe paradoxal » (N’ah-genah).

La foi principale est basée sur la recherche volontaire ou non de l’état de grâce. Cette recherche est le but de la présence sur le plan matériel (Annwfn ou toute autre planète habitable). Elle se fait par un travail sur soi qui peut se faire sur plusieurs vies (réincarnation). Ce travail intérieur de longue haleine est une prise de conscience progressive de tout son être ; ses défauts, ses qualités, la compréhension de ses peurs, de ses envies et un équilibre intérieur-spirituel de tous ces éléments : l’Harmonie.

L'église

Le culte de l’ Entité est exercé par le clergé régulier (Baferistes) officiellement créé en 753 un peu avant la Grande Paix. Il repose sur le livre des prophètes (Maamù ). Ce livre est une compilation des écrits de sept hommes. Chacun, ayant eu une vision de la Vérité avant leur S’ul Genah, ils l’ont retranscrit dans des ouvrages plus ou moins longs aux styles très différents. Ces livres sont fortement marqués par la prophétie du Lid-gesah’Arch (le court chemin) qui reviendra d’entre les morts et sauvera l’humanité du Fléau (Ih'Tahq).

Lors de sa création le clergé n’avait pas encore compilé le livre des prophètes, celle-ci n’interviendra qu’en 1328, soit tout juste 25 ans !

Le dogme est essentiellement défini d’après le premier livre, celui du Lid-gesah’Arch. Son auteur est Herkrt-N’Bafer. Le clergé est défini d’après ses écrits, mais il est encore en pleine structuration. Le clergé a plusieurs devoirs dont :

  1. Celui de proclamer la foi en l’Entité.
  2. Il doit répandre la Vérité sur l’existence et son but ultime l’accomplissement de soi.(S’ul-genah).
  3. Il doit aider le pouvoir terrestre à rendre la justice pour favoriser la révélation.
  4. Il doit tout mettre en oeuvre pour trouver le Lid-gesah’Arch et le distinguer des imposteurs afin de l’aider à vaincre le Fléau.

Les autres livres sont :

  1. Le livre du Dormeur éveillé de Vloar-Ceft
  2. Le livre de Tous les dangers de Lac-N’cy
  3. Le livre du Héros éternel de Coor-M’ock
  4. Le livre des Cycles éternels de Cej-Navack
  5. Le livre des Étoiles de Sulca
  6. Le livre du Disciple de Ob-Nekoby

Le clergé séculier

Le clergé et les croyants en l’ Entité se distinguent par le port de l’opale. Une pierre sertie dès la majorité dans le front de la personne. Cette pierre est toujours ovale, a toujours la même taille et la même pureté mais le bijou qui sert de support peut varier selon la richesse de la personne. Ce symbole fait référence au rocher sur lequel prêchait le premier prophète. Femmes et hommes indifféremment peuvent être membre du clergé. Mais la majorité d’entre-eux sont des hommes.

Peu de krilliens sont membres du clergé. Le dogme ne correspond pas pleinement à leur philosophie. Mais nombreux sont ceux qui portent l’opale noire.

L’opale luit en iridescences et sa couleur n’est jamais unie mais une dominante aux reflets multiples. La couleur de la pierre varie en fonction de la place que l’on occupe au sein du clergé Baferiste (courant orthodoxe). Ainsi, l’opale noire (sans couleur - vierge) est celle des croyants, hors clergé donc.

L’opale bleue ou azur est celle des novices. Ils viennent d’entrer dans les ordres et suivent encore la formation du clergé régulier.

L’opale violine est celle des prêtres ou Initiés. Ils sont le premier rang du clergé et n’ont aucune charge mais assiste les Initiés de second rang.

L’opale verte est celle des prêtres-paysans. Ces prêtres initiés du second rang ont la charge de plusieurs villages dans les contrées reculées ne disposant pas de cité importante, c’est une charge difficile que la hiérarchie tente de ne jamais délaisser.

L’opale rouge est celle des prêtres-urbains. Ces prêtres initiés du second rang ont la charge d’une cité, ou d’un quartier pour les villes importantes. L’opale jaune est celle des Initiés-scribes du troisième rang. Ceux-ci ont la charge de retranscrire les livres des prophètes, de rédiger, archiver tous les écrits, édits et autres bulles de l’église, mais aussi de compter ses revenus et de rétribuer le clergé en fonction de son rang. Ils sont « l’administration » de l’église.

L’opale rose est celle des Initiés du quatrième rang. Ils forment le collège décisionnel de l’église. Ils sont élus pour dix ans par l’ensemble du clergé au suffrage universel. Chacun d’eux à la charge du clergé d’une région donnée. On les nomme exorcistes.

L’opale blanche est celle des Initiés du cinquième rang ou grands-exorcistes. Ils sont au nombre de huit et sont élus à vie par le collège des Initiés du quatrième rang de chaque royaume composant le monde d’Annwfn. Ils nomment à vie un Kon-S’ul (l’âme consciente) qui orientera durant sa vie la politique du clergé.

Le Kon-S’ul avait son palais à Nihel mais depuis un siècle, il siège à Derach-Ach, capitale de Panshaw.

Le clergé régulier

Il existe un clergé régulier fait d’ermites regroupés en monastères totalement refermés sur eux. Ceux-ci porte tous une opale bleu nuit. L’ordre, les rituels et la hiérarchie au sein des monastères peuvent varier légèrement, mais ils sont sensiblement les mêmes partout. Un monastère accueille rarement des étrangers en son sein, mais il dispose toujours d’un ou plusieurs bâtiments extérieurs au couvent où ils peuvent donner gîte et couverts pour une nuit au moins. Ces moines sont pour le moment hors de l’église baferiste et se gèrent seuls. L’église est actuellement en pourparlers avec les principaux couvents pour régulariser cet état de fait et faire entrer les monastères dans l’église.

La religion d’Eù est encore naissante avec un peu plus d’un millénaire d’existence. Mais, on y discerne déjà les travers de nombreuses religions. Les livres sont bourrés de symboles mais le clergé actuel tend à limiter la portée du symbolisme au profit d’ un ésotérisme dominant. Les conclaves actuels, et ce depuis plusieurs dizaines d’années tendent à dogmatiser la religion, à cadrer la société dans une morale clairement définie. Le bien et le mal sont ainsi identifiés et le manichéisme tend à s’imposer au détriment du libre arbitre, de la faculté de raisonner et finalement d’une réelle conscience morale.

Deux puissants courants s’affrontent actuellement au coeur du clergé baferiste. Un courant symboliste, qui prône la liberté de circulation des écritures et une église agissant comme guide et conseil pour une lecture symbolique qui appartient à chaque individu, au risque d’interprétations douteuses voire dangereuses. Un courant dogmatique qui prône une église seule détentrice des écritures et de son interprétation et agissant comme guide auprès des populations, au risque d’un appauvrissement symbolique

geographie/art_et_culture/culte_d_eu.txt · Dernière modification: 2020/04/25 14:56 de elvan49