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Le culte pourpre

Dans quatre des huit royaumes d’Annwfn, le culte de S’ul-Tan est interdit, dans les quatre autres il est autorisé ; il est même dominant et fait parti de l’état à Bel-Buk et à Darsh. Parler du culte de S’ul-Tan est un contre-sens. Sur Annwfn on le nomme le culte pourpre. Le livre des prophètes est aussi utilisé mais il est strictement interdit à la publication profane. Seuls les initiés y ont accès et, de cette lecture, ils rédigent les parôles (S’u-Trah). Cette compilation de pensées et d’interprétations des écritures sacrées est la seule lecture autorisée aux profanes (obligatoire).

Elle a été commencé par le sixième prophète, reconnu uniquement par le culte pourpre Lou’es-did Teranu. Cet ancien initié scribe du troisième rang du culte baferiste a été condamné par l’église orthodoxe en 317 comme hérétique pour ses propos et ses convictions déviantes. C’est cette même année qui est considérée comme date de naissance du culte pourpre.

Ces adeptes considèrent eux aussi l’ Entité comme La fin, comme l’objectif suprême ! L’Entité est la force créatrice, elle n’a pas de conscience, c’est une énergie pure qui dérive au hasard du cosmos. S’ul-Tan est l’énergie destructrice, comme le décrit parfaitement le livre de Sulca et avant lui le livre de Vloar-Ceft. La peur domine ce courant religieux, la peur du châtiment de S’ul-Tan.

Le concept fondamental de cette déviance de la religion originale est que seul une peur réelle du mal permet de s’en absoudre. Ainsi, le culte pratique la torture purificatrice, les privations, les mutilations expiatoires, jusqu’aux sacrifices humains. La douleur permet ainsi de créer la peur.

S'ul-Tan

On lui connaît plusieurs noms, le Réprouvé, le Démon, le père des mensonges, le sombre orphelin, S’ul-Tan étant le plus commun. Il n’y a pas de tabous sur l’évocation de son nom ou de son pouvoir, même s’il existe des superstitions ou des histoires pour faire peur aux enfants…

L'église pourpre

Le dogme s’appuie sur la conscience, comme celui de l’ Entité mais conscience des faiblesses et du danger que représente la moindre tentation vers le démon. Le culte est beaucoup plus ésotérique que celui d’Eù. Maintenir des secrets nourrit les frayeurs intimes. C’est ainsi que le clergé est-il érigé en initiés : ceux qui savent, ceux qui ont peur mais connaissent leurs peurs et les maîtrisent pour parvenir à la perfection.

Les instincts doivent être assimilés pour être contrôlés, car ils poussent l’homme vers l’avant, à se surpasser pour vaincre ses peurs et ses faiblesses. La crainte ultime est l’avènement de S’ul-Tan. Il apparaîtra à la fin des Temps (Na’im-zaman). Quand le monde sera entièrement dominé par l’anarchie, le plaisir individuel, la jouissance égoïste sans peur. La grande œuvre consiste à se préparer et repousser au plus tard cette échéance. Ceux qui seront prêts seront sauvés par Eù et leur âme rejoindra l’Entité.

Le clergé est à la fois plus simple et plus ésotérique que celui de l’ Entité. Il y a les fidèles (tout ceux qui reconnaissent S’ul-Tan comme l’être suprême). Les disciples sont la base du clergé, ils sont les hommes à tout faire de celui-ci. Au dessus, sont les vestales (féminin) et les prêtres (masculin), répartis en dix cercles, du premier le moins élevé au dixième. On les nommes aussi les Parfaits. Au sein d’un même cercle ils sont au même niveau théorique mais le pouvoir et l'influence qu’ils détiennent ou qu’on leur prête les rendent plus ou moins puissants au sein du clergé.

Au dessus, élus par les initiés du dixième cercle à vie les seize gardiens, les Shei-T’ans (deux par royaumes, même dans ceux où le culte est interdit) forment le onzième et dernier cercle. Enfin, il y a les infidèles, tous les autres !

On ne sait pas très bien comment les initiés franchissent les divers degrés les menant au plus haut niveau. La seule certitude est que seul un membre du onzième cercle peut présider à la montée d’un degré. Le clergé se distingue par le port de la toge pourpre. Des épaulettes avec de un à cinq galons et/ou un à cinq boutons en cuivre au dessin du dragon lové permettent la distinction hiérarchique. Les initiés du onzième cercle ont leurs épaulettes entièrement en cuivre.

L’année 317 est considérée comme sacrée et le fait qu’elle n’est composée que de nombre premier n’est que l’un des éléments qui la rendent sacrée, le fait que le total de ces nombres fasse onze, comme les onze cercles des initiés en est une autre.

Parmi les devoirs du clergé définis par le dogme on retrouve à peu près les mêmes éléments que pour l’église d’Eù :

  1. Proclamer la vrai foi envers Eù et la crainte sacrée de S’ulTan,
  2. Punir les infidèles qui refusent de se repentir en purifiant leur corps par le feu, la terre, l’eau ou tout autre supplice infligeant un maximum de douleur !
  3. Travailler ardemment à la grande œuvre.

Justice ?

Dans les quatre royaumes où le culte de l’ Entité est le seul autorisé, les adeptes du « culte pourpre » sont chassés, punis de divers châtiments selon le royaume sauf s’ils rejoignent la Vérité et renie le Démon. La plus-part du temps, ils ne sont punis qu’en fonction des crimes ou exactions qu’ils ont commis (même si une certaine justice à deux vitesses semble les punir plus sévèrement que les autres).

Dans les royaumes où le culte de S’ul-Tan est autorisé, et plus généralement pour tous les fidèles, une chance doit être donné à l’infidèle de prêter allégeance au S’ul-Tan. Une seule chance n’est accordée et la mort est la délivrance pour l’infidèle. A Bel-Buk l’état est théocratique donc voué au culte pourpre. Dans ce royaume, l’hérétique est puni la plus-part du temps par la mort après repenti ou non (dans les mains des prêtres ou vestales nombreux sont ceux qui se repentent avant de mourir !). Les trois autres royaumes se débattent entre lois et lois sacrées, chacun des deux cultes essayant de faire valoir ses droits auprès des états.

Le culte pourpre a cependant un ascendant dans la plus part des cas ; à Darsh, à Kotzash et à Cahour le clergé pourpre est même intégré aux instances dirigeantes sans être à la tête du pouvoir. Le meurtre d’un infidèle n’est que très rarement puni comme homicide !

geographie/art_et_culture/culte_pourpre.txt · Dernière modification: 2020/05/19 20:34 de elvan49